BLM Barber - 14-11-2020 - Studio Photo Nouléla (25)

Je suis né à Yaoundé, d’une mère Française et d’un père Camerounais. J’ai quitté le continent Africain à l’âge de deux ans et demi pour m’installer avec ma maman en haute-Marne, dans la petite commune de Chaumont, en 1985.

Une transition particulière tant par le changement de climat que par l’accueil des locaux, très peu habitués aux gens de couleurs… En effet nous sommes à une époque où l’on vend encore des têtes de nègre en boulangerie, la communauté noire est très peu représentée dans cette région, voire quasi inexistante.

Évoluant dans une « cité dortoir », je m’intègre tant bien que mal auprès des français, des turcs, des algériens, des marocains, des portugais etc… Je me rends rapidement compte que je peux me faire des amis, oui. Mais malgré la Victoire de Yannick Noah à Roland Garros, le métissage n’a pas encore sa place dans cette société et je ne fais réellement partie d’aucune communauté..

À l’âge de 6 ans, maman m’explique que je ne suis ni noir, ni blanc, ni Turc, ni Algérien etc.. et qu’il me fallait évoluer seul dans cet environnement plus ou moins hostile. Si je voulais être respecté de tous, je devrais toujours faire mieux que les autres :

« Quand tu vas à la boulangerie, si tes camarades disent bonjour, tu diras bonjour Mme, s’ils disent au revoir, tu diras au revoir Mme et bonne journée. À l’école, au sport, tu donneras le meilleur de toi même, tu ne te contenteras pas de faire pour faire! Soit fier de ta couleur et de tes origines, mais ne laisse personne, à cause de ton attitude, dénigrer qui tu es!

Lèves toi chaque matin, réfléchis à ce que tu as fait la veille, et essayes de faire mieux encore!

Voilà l’une des clefs de ta réussite mon fils! »

Les années passent, le bac et un diplôme d’étude supérieur en poche, je décide de quitter la France et découvre la Guadeloupe, la Martinique, la Grèce, la Crête, la Tunisie, le Sénégal et enfin la Réunion où je m’installe et fonde ma famille.

Toutes ces destinations m’auront conforté sur un point : les problèmes communautaires, liés aux origines ou aux couleurs de peaux, existent partout. Mais s’il y a une chose qui peut réunir la planète entière, c’est que nous sommes tous, sans exception, redevable d’une façon ou d’une autre au continent Africain. En effet, même un partisan de l’extrême droite ne pourra nier l’importance de l’Afrique dans l’économie actuelle.

Depuis une dizaine d’années, je travaille au quotidien avec des familles ne percevant que les minima sociaux pour survivre. J’observe et prends conscience qu’avec les années, le « paraître » a pris une place prépondérante dans la société et que nombreuses sont les mamans qui se privent pour acheter un polo, un pull ou un T-shirt de grande marque (à des tarifs exorbitants) pour que leurs enfants ne vivent pas la discrimination à l’école.

Passionné par la mode streetwear depuis le lycée, je rêve secrètement de me lancer un jour dans le prêt à porter. Et c’est en 2020, suite à la Mort de George Floyd aux Etats-Unis, que je décide de créer ma propre marque : BLM-Remember !

Il me vient donc l’idée de proposer des produits de même qualité que les grandes enseignes, mais à des tarifs très abordables et surtout avec un logo qui nous représente mieux qu’un reptile ou un joueur de polo..

Dès le début de cette aventure alors que les investissements sont les plus élevés, nous avons conclu un partenariat avec la Fondation CARE FRANCE. Présente dans 107 pays à travers le monde cette fondation milite pour le droit des femmes et lutte contre l’extrême pauvreté. Nous avons décidé que nous leur reversons régulièrement un pourcentage de notre chiffre d’affaire. De ce fait, toute personne qui valide BLM-Remember, lorsqu’elle porte l’Afrique sur son coeur, sait qu’une partie de son investissement a fait du bien quelque part dans le monde.

Au lancement de ce projet, je me suis donc fixé deux objectifs :
– Fournir des produits haute qualité, qui durent.
– Faire de mon mieux pour véhiculer un message d’auto-détermination à la jeunesse!

« Soyons fier de nous grâce à nous, par nos actions, notre altruisme, nos résultats, et transmettons ceci à nos enfants! »

Mekongo Essindi